Béatrice Ardisson dans (Le mag des) Castings de mars / avril 2005

Lesmétiersderêve...

Le design se décline à tous les temps.

En musique ou en flacon, il reste chic.
Béatrice Ardisson et Denis Boudard, deux exemples à suivre...

 

 

 

 Sound designer

 

      Etre curieux, éclectique, à l'écoute
           des nouveautés et surtout refuser
       de s'enfermer dans un ghetto musical.

                                  

Version
ville pour
une sound
designer
chic

 

 

Quel nom peut-on donner au métier que vous exercez ?

Je suis sound designer, illustratrice musicale. Je crée des identités musicales pour des émissions de télévision, pour des lieux (hôtels, restaurants, boutiques) et pour des événements. Je m'occupe aussi de la direction artistique de mes collections de disque chez Naïve.

Quel a été votre parcours ?

J'ai commencé, il y a six ans, par l'illustration musicale de Paris Dernière. Thierry m'a proposé de programmer la musique de son émission. Le concept que j'ai imaginé était de ne passer que des reprises décalées de grands standards et très rapidement, les téléspectateurs ont téléphoné pour savoir où trouver ces bandes son. J'ai pris rendez-vous avec le label Naïve et nous avons lancé ensemble le premier volume de la musique de Paris Dernière. Nous en sommes aujourd'hui à notre quatrième CD. Parallèlement, on m'a demandé de réfléchir sur la musique de lieux prestigieux comme le Fouquet's, modernes comme le Kong ou mythiques,  comme l'hôtel du Crillon et le Bristol. Ou encore des boutiques comme Vuitton au Japon et Séphora en Europe.

Comment faut-il faire pour devenir illustrateur sonore ?

Epouser Thierry (rires). C'est vrai qu'il m'a beaucoup aidée et que la musique l'intéresse depuis toujours. Plus sérieusement, il faut surtout écouter beaucoup de titres. Je passe parfois près de 12 heures par week-end à découvrir de nouveaux sons... J'ai toujours un cahier et mon Ipod sous la main. Pas de temps morts ou de vacances. Dans ce métier, il faut être curieux, éclectique, ouvert à tout, à l'écoute des nouveautés et surtout refuser de s'enfermer dans un ghetto musical.

(1) Bar-restaurant parisien situé au dernier étage de l'immeuble Kenzo. 1, rue du Pont neuf, Paris 1er.

Vous êtes aujourd'hui à la tête de la société Ardisong. Comment êtes-vous passée du stade d'artisan à celui de chef d'entreprise ?

Après avoir fait mes recherches seule, en m'aidant de ma discothèque personnelle pour Paris Dernière, on m'a très vite proposé de travailler sur d'autres projets. Comme tout m'intéressait, j'ai été obligée de m'organiser. Il m'a fallu quatre ans pour mettre les choses en place et faire d'Ardisong le bureau de style musical qu'il est aujourd'hui. Nous sommes maintenant en mesure de répondre à une demande beaucoup plus importante. Pour chaque projet, je propose un concept musical. Quand il est accepté, je lance les recherches et nous installons ensuite la musique, (entre vingt et soixante-quinze heures en moyenne par lieu). Avec Olivier Saunier, ingénieur en informatique, nous avons développé un logiciel qui permet de diffuser et programmer la musique du matin au soir et du soir au matin. Quand cette ambiance sonore est bien installée, nous proposons d'en faire un disque avec Naïve. Chaque disque est un véritable objet unique. A l'heure du télécharge-ment, nous mettons un soin particulier à créer de beaux disques avec, en plus du son, un livret et un graphisme de très haute qualité.

Etes-vous une artiste comblée ?

Oui, car j'ai créé cette activité sur mesure pour moi. Elle me permet de changer constamment d'univers musical car chaque projet est unique.

Si vous deviez encore réaliser un rêve, quel serait-il ?

Mon rêve, c'est de continuer en restant un artisan de luxe. Au niveau musical, il y a encore beaucoup à faire... Et puis, j'aimerais aussi que les semaines aient une journée de plus (rires). Je dis toujours à mon mari qu'il me manque une journée...

Quelle est votre prochaine activité ?

La sortie de CD du Kong (1), bientôt Paris Dernière 4 et beaucoup d'autres projets en cours. Tout ça avant l'été.

Propos recueillis par Valérie Calazel.

  photo : D R

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